Le présentéisme au travail

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Le présentéisme au travail

Le monde du travail se renouvelant sans cesse, certaines pratiques acceptées et encouragées à une certaine époque sont aujourd’hui remises en question. C’est le cas du présentéisme, dont on entend de plus en plus parler et dont on cherche aujourd’hui à se débarrasser.

 

De quoi parlons-nous ?

 

La présentéisme se caractérise par la volonté de rester au travail pour se faire bien voir, prouver sa motivation, même lorsque la journée de travail est achevée.

D’après une enquête Glassdoor, un salarié sur quatre se sent jugé s’il quitte le travail avant 18h, que ce soit par son patron ou ses collaborateurs. Cette sensation passe par la répétition de certaines remarques comme le fameux « tu prends ta demi-journée ? » énoncée quand quelqu’un quitte son bureau en avance, des blagues passives agressives qui visent à culpabiliser ceux qui ne restent pas jusqu’au bout de la journée de travail, alors même qu’ils ont accompli leurs tâches du jour.

 

En quoi c’est problématique ?

 

On pourrait d’abord penser que c’est normal d’encourager les salariés à rester jusqu’au bout de leurs horaires fixés au préalable, voire même à les encourager à faire du zèle, pourtant cette pratique est néfaste aussi bien pour le bien-être de l’employé que pour le bien-être de l’entreprise.

En effet, comme les salariés restent plus longtemps que nécessaire sur leur lieu de travail pour être bien vus, ils passent une partie de leur temps en jouant ou en s’occupant d’affaires personnelles, donc en ne travaillant pas, mais puisqu’ils sont tenus de rester sur le lieu de travail leurs journées sont longues et ils sont donc naturellement plus fatigués et moins motivés.

Le présentéisme pousse aussi les employés malades à venir sur le lieu de travail au lieu de rester chez eux, ce qui met en danger leurs collaborateurs – et fait qu’ils sont moins efficaces sur une plus longue durée que s’ils s’étaient soignés !

Enfin, cette manie de rester sur le lieu de travail même si l’employé n’a plus rien à y faire ou n’est pas en état de travailler provoque un gâchis d’énergie (aussi bien humaine qu’électrique). D’un point de vue humain, économique et écologique, le présentéisme n’a donc aucun sens ni aucun intérêt.

 

Comment y remédier ?

 

Il faut cesser d’envisager le travail en terme de volume horaire et plutôt le définir par les tâches à accomplir dans la journée : ainsi, les employés sont plus motivés à l’idée d’accomplir leurs tâches et ils ne se sentent pas obligés de rester inutilement sur place, au contraire !

L’employeur doit spécifier clairement qu’il n’est pas nécessaire de rester à tout prix derrière son bureau une fois sa journée de travail accomplie.

Enfin, l’employé doit s’organiser correctement et ne pas avoir peur de partir plus tôt que prévu ou de prendre une journée de repos, l’important n’étant pas le nombre d’heures passées au bureau mais bien la qualité du travail fourni !

 

Le télétravail pour lutter contre le présentéisme ?

 

Une alternative au travail classique est le télétravail (plus de bureau, plus de présentéisme !), mais le télétravail a d’autres problématiques (voir notre article Le télétravail : pour ou contre?) qui lui sont propres. De plus, avec les mesures sanitaires et l’explosion du télétravail, d’autres pratiques ont vu le jour similaires au présentéisme : en effet, sur certains sites et applications il est possible de voir qui est connecté et à quelle heure. Cette surveillance incite les employés à rester connectés parfois plus longtemps que nécessaire, pour simplement montrer qu’ils sont là et recrée donc les conditions favorables au présentéisme informatique. C’est passer à côté des avantages du télétravail qui permet une plus grande flexibilité et donc une plus grande liberté au travail.

 

Réduire le temps de travail

 

Une autre manière de lutter contre le présentéisme consisterait à mettre en place des semaines de quatre jours. La crise du coronavirus a poussé plusieurs entreprises à sa tourner vers cette alternative, et si la France est encore frileuse à ce sujet, cette méthode a déjà fait ses preuves dans d’autres pays, comme le Japon. En effet, l’entreprise Microsoft au Japon est passé à la semaine de quatre jours en 2019 (sans perte de salaire pour les employés et sans que cela impacte leurs jours de congé), car le patron estimait qu’il était nécessaire que chaque employé ait plus de temps pour apprendre et s’épanouir en dehors du travail, et l’entreprise a ainsi vu sa productivité augmenter de 39,9% (d’après SoraNews 24, un journal japonais).

 

Que ce soit au bureau ou à distance, il est essentiel de laisser les employés s’organiser de manière libre et autonome. Il est plus efficace de fixer des objectifs clairs, à la journée, à la semaine ou au mois, plutôt que d’imposer des horaires. N’oublions pas toutefois que chacun a sa manière de travailler et qu’une même méthode ne peut pas convenir à tout le monde : le plus simple reste donc de demander à chacun ses préférences et d’essayer de s’organiser en fonction. C’est un travail supplémentaire à faire en amont qui sera bénéfique à chacun sur le long terme !