Fiches métiers

Pilote d'exploitation nucléaire

Dans le nucléaire, rien ne se laisse au hasard, tout se pilote avec méthode.
Produire une énergie décarbonée et maîtrisée impose une vigilance de chaque instant. Sur le terrain comme en salle de commande, l’exploitation nucléaire repose sur des femmes et des hommes capables de prendre les bonnes décisions, au bon moment, avec un haut niveau d’exigence et de responsabilité.

Quel est le rôle et les missions d’un Pilote d’exploitation nucléaire ?

Le Pilote d’exploitation nucléaire, aussi appelé Agent d’exploitation, Technicien exploitation CNPE, ou Pilote d’installations nucléaires, assure la conduite, le suivi et l’optimisation des équipements d’une centrale nucléaire ou d’un site industriel du cycle du combustible.

Il ou elle surveille les paramètres clés de l’installation, réalise les manœuvres nécessaires au bon fonctionnement des systèmes, garantit le respect des procédures et intervient rapidement en cas d’écart. Ce rôle est essentiel pour assurer la sûreté, la disponibilité et la performance des installations nucléaires.

Mais que fait un Pilote d’exploitation nucléaire, concrètement ?

Surveiller et conduire les installations

  • Contrôler en continu les paramètres opérationnels (températures, pressions, débits, niveaux…)

  • Assurer la conduite des équipements depuis la salle de commande ou en local

  • Intervenir selon les procédures en cas d’alarme, d’écart ou de sollicitation technique

  • Participer aux mises en service, mises à l’arrêt ou basculements de systèmes

Assurer la sûreté et la conformité

  • Appliquer les procédures d’exploitation normalisée (PEN), modes opératoires et gammes de surveillance

  • Participer aux analyses d’événements, aux retours d’expérience et à la rédaction de comptes rendus

  • Garantir la traçabilité des opérations, les relevés réglementaires et la bonne tenue des documents d’exploitation

  • Respecter strictement les règles de sûreté nucléaire, de radioprotection et de sécurité

Collaborer en équipe et avec les services techniques

  • Travailler en coordination avec les services maintenance, conduite, sûreté, logistique et ingénierie

  • Participer aux passations de consignes entre équipes (tournantes, astreintes, changements de quart)

  • Prendre part aux plans d’urgence, aux exercices de sûreté ou à la gestion des incidents

  • Proposer des améliorations de performance ou des ajustements de modes opératoires

Compétences requises : les indispensables pour briller à ce poste

Connaissances solides en génie thermique, hydraulique, électricité industrielle et automatisme

Lecture de schémas d’installation, synoptiques de conduite et documents techniques

Maîtrise des outils de supervision, d’acquisition de données et d’aide à la conduite

Bonne compréhension des procédures d’exploitation normalisée (PEN) et de la documentation réglementaire

Formation spécifique aux installations nucléaires (CNPE, usine combustible, etc.)

Hard Skills

Vigilance constante et excellent sens de l’observation

Réactivité, rigueur et gestion du stress en situation sensible

Capacité à appliquer des consignes avec précision et à alerter en cas de dérive

Goût pour la technique, la sécurité et les environnements à forte responsabilité

Esprit d’équipe et communication claire en environnement contraint

Soft Skills

Rémunération et conditions de travail pour un Pilote d'exploitation nucléaire

Fourchettes de salaire

  • Débutant : 28 000 à 34 000 € brut/an
  • Confirmé : 35 000 à 42 000 € brut/an
  • Senior / coordinateur de quart : jusqu’à 48 000 € brut/an selon les astreintes et le site d’affectation

Conditions de travail

Le Pilote d’exploitation nucléaire travaille en rotation (2×8 ou 3×8), avec un rythme soutenu et des consignes précises à appliquer.
Il ou elle peut être affecté à la salle de commande, à la zone de production, ou sur des systèmes auxiliaires.
Le port d’EPI, le respect des zonages radiologiques et des règles de sûreté est quotidien.
Le poste nécessite rigueur, sang-froid et sens du collectif.

Perspectives d’évolution

Ce poste offre de nombreuses perspectives d’évolution, notamment vers des fonctions à plus grande échelle telles que Chef de quart, Coordinateur d’exploitation ou Référent système. Avec de l’expérience, il est également possible d’accéder à des rôles stratégiques comme Formateur conduite, Responsable d’exploitation ou Planificateur d’opérations nucléaires.
Par ailleurs, une spécialisation en conduite avancée, en analyse de risques ou en pilotage de situations incidentelles peut permettre d’évoluer vers des fonctions transverses en sûreté d’exploitation, amélioration continue ou ingénierie de conduite.

Comment devenir Pilote d'exploitation nucléaire ?

Se former aux fondamentaux techniques

L’accès au métier de Pilote d’exploitation nucléaire repose généralement sur une formation de niveau Bac Pro ou BTS dans les domaines de l’électrotechnique, de la thermique, de l’énergie ou de la maintenance industrielle. Des titres professionnels spécialisés comme le TP Conduite d’installation nucléaire ou le CQPM nucléaire permettent une insertion directe dans les fonctions d’exploitation. Plusieurs grands acteurs du secteur comme EDF, ORANO ou Framatome proposent également des parcours en alternance, en lien avec leurs besoins spécifiques.

Monter en compétences par l’expérience terrain

La montée en compétence se fait progressivement par l’expérience en quart, en salle de commande et en zone contrôlée. Les pilotes suivent des parcours de formation internes intensifs axés sur la conduite des installations, la régulation des flux, la supervision et la réponse aux incidents. Le travail en binôme, les simulations d’incident, les exercices de sûreté et les rotations sur différents équipements permettent de développer une vision globale de l’installation et un réflexe opérationnel. Les habilitations nucléaires comme SCN1/2, CSQ, RP1 et H0B0 sont indispensables pour accéder aux zones et assurer la sécurité.

Se spécialiser dans l’exploitation nucléaire

Pour se spécialiser, il est crucial de comprendre le fonctionnement global d’une centrale, des systèmes de production aux circuits auxiliaires. Une culture sûreté rigoureuse, le respect des procédures et une réactivité maîtrisée sont des piliers du métier. Les profils les plus expérimentés développent des compétences transverses (automatisme, mécanique, analyse de données, supervision), participent à des projets d’amélioration continue, et peuvent être sollicités sur des missions de coordination, de formation ou d’évaluation technique.

Rejoindre les bons environnements

Les pilotes d’exploitation nucléaire exercent principalement au sein des exploitants du parc (EDF, CEA, ORANO, Framatome), dans des centres de production d’électricité, des sites de retraitement, ou dans des unités expérimentales. Ils peuvent également intervenir chez des prestataires spécialisés dans l’exploitation, la maintenance ou la sûreté nucléaire. Ce métier reste stratégique pour garantir la continuité de service et la sécurité de l’énergie nucléaire.

F.A.Q

Le poste de Pilote d’exploitation nucléaire impose-t-il de travailler en horaires décalés ?

Oui, dans la majorité des cas. Le fonctionnement des installations nucléaires exige une surveillance 24h/24, souvent organisée en 3×8 ou en postes de quart.

Absolument. De nombreuses entreprises du secteur forment des pilotes en alternance, avec un fort taux d’embauche à la clé. C’est un excellent tremplin pour intégrer durablement la filière.

Surveiller les installations, garantir la continuité d’exploitation, appliquer les procédures strictes, alerter en cas de dérive et participer à la sûreté en conditions normales et incidentelles.

Oui. Entre les projets de rénovation (grand carénage), les nouveaux réacteurs et les enjeux liés au cycle du combustible, les profils qualifiés sont très recherchés.

Le Pilote d’exploitation nucléaire assure la surveillance continue des systèmes, la bonne application des procédures, et la réactivité face aux écarts. Il ou elle garantit la sûreté de l’installation, la performance des équipements et la disponibilité de la production, tout en servant de lien clé entre les équipes techniques et les exigences réglementaires.