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L’exploitation de l’Art, ou comment la passion devient un prétexte pour ne plus payer

L'exploitation de l'Art, ou comment la passion devient un prétexte pour ne plus payer

Les métiers artistiques ont toujours existé : la peinture, la sculpture, la musique, la littérature… Autant d’arts différents qu’il y a d’artistes. Aujourd’hui plus que jamais il existe des arts variés, et nombreuses sont les activités qui forment des ponts entre les arts traditionnels et les métiers classiques. On compte ainsi le graphisme, la rédaction web, l’auto-édition, l’illustration…, essentiellement des métiers digitaux. L’art n’est donc plus seulement attaché au divertissement ou à l’élévation de soi, mais a bel et bien un intérêt marchand, économique, c’est devenu un moyen et non plus seulement une fin en soi. L’on aurait pu croire que cette nouvelle utilité trouvée à l’art aurait permis aux artistes d’avoir un mode de vie moins précaire, pourtant on observe beaucoup d’abus dans ce milieu.

 

 

La nouvelle rémunération des artistes : la visibilité

 

 

Comme nous l’avons dit, la plupart des nouveaux métiers artistiques sont digitaux. Souvent les artistes sont sur des réseaux sociaux (Facebook, Instagram ou Youtube, pour ne citer qu’eux) afin de partager leurs créations ou simplement leur quotidien. Cela leur permet de rassembler une communauté, qui va les soutenir et les aider à obtenir plus de visibilité, afin de pouvoir vivre de leur art. Jouant sur cette dépendance d’une bonne partie des artistes, des entreprises peu scrupuleuses ou des particuliers demandent des services à ces artistes, en leur proposant de la visibilité en échange, comme s’il s’agissait d’un échange de bons procédés. Ce genre de pratiques nuit gravement aux artistes, car d’une part leur métier est dévalorisé, et d’autre part il leur est de plus en plus difficile de faire respecter leurs prix. Beaucoup de clients marchandent ou choisissent de se diriger vers des amateurs qui vont proposer un travail bâclé à un prix cassé et ne comprennent pas pourquoi les professionnels ne baissent pas leurs prix en conséquence.

 

 

Le problème des concours

 

 

En plus des clients réticents à payer, les milieux artistiques se voient confrontés à un autre fléau : les concours. Nous parlons ici des entreprises, ou particuliers, qui proposent un concours afin de ne pas avoir à recruter un professionnel. Par exemple : une entreprise qui organiserait un concours chez les graphistes afin d’obtenir leur nouveau logo. Le premier prix du concours étant évidemment pour le graphiste sélectionné de voir son logo élu par l’entreprise, et peut-être une petite rémunération. Or la création d’un logo est un vrai travail, qui prend du temps : ces concours sont en réalité un prétexte pour proposer un travail spéculatif (c’est-à-dire le fait de travailler avec seulement l’espoir d’obtenir un contrat ou une rémunération, sans garantie aucune). Ces concours peuvent autant être proposés par des entreprises que des Youtubeurs ou d’autres artistes indépendants, et sont d’autant plus problématiques que certains n’y voient aucun problème. Pour certains étudiants ou débutants en quête de visibilité c’est au contraire une belle opportunité de prouver leur talent et de se faire connaître. En réalité, les gagnants de ces concours ne gagnent que peu d’abonnés, ils vont simplement bénéficier d’une visibilité éphémère. Et ceux qui s’insurgent seraient des traîtres à leur art : c’est bien connu, les artistes devraient tous travailler pour la passion, la gloire de l’art, etc.

 

 

Des métiers dévalués

 

 

Les métiers artistiques sont souvent mal connus, mal compris, et parfois méprisés. Si c’est une chance de pouvoir travailler dans le domaine qui nous plaît, de vivre de sa passion, cela ne signifie pas pour autant que le travail est facile. Revoir les prix des artistes à la baisse est insultant pour eux : leur travail prend du temps et de l’énergie, c’est normal qu’il soit correctement rémunéré. Et si certains ont l’impression que les artistes proposent des prix exorbitants et qu’à ce tarif là ils doivent être riches : il ne faut pas oublier les charges qui sont déduites, et surtout il ne faut pas oublier que les artistes indépendants ne passent pas tout leur temps à répondre à des commandes ! Ils passent aussi beaucoup de temps sur les réseaux, à se faire connaître, ils passent du temps à faire à gérer leur business, améliorer leurs techniques, travailler leur inspiration… Autant d’heures de travail essentielles et non rémunérées.

 

 

Ainsi, si la passion est un élément essentiel dans les métiers de l’art – l’on choisit rarement ces métiers pour leur rémunération – il ne faut pas oublier qu’ils sont avant tout… des métiers. Et que les artistes doivent survivre. C’est pourquoi Liane RH tient à remercier tout particulièrement ses collaborateurs, car dans ce monde compétitif nous n’oublions pas que l’entraide est primordiale. Merci donc à LeadOff, pour notre superbe site, à La Mine pour notre logo unique, à Vaillance pour nos articles personnalisés, à EcoTree pour les arbres et l’espoir qu’ils offrent, à Map’Up pour leur connaissance de l’humain et ses besoins, et à tous ceux qui nous accompagnent et sans qui nous ne pourrions vivre.

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